En entrant dans le XXIe siècle, l’événement théâtral majeur de France a été confronté à de nouveaux défis liés à l’esthétique et à l’identité. La période de direction du duo Archambault et Baudriller, puis celle d’Olivier Py, a été marquée par des expérimentations audacieuses. Ils ont cherché à rajeunir le public et à introduire de nouvelles formes d’expression, privilégiant souvent l’image par rapport au texte classique. Cela a provoqué des débats houleux, notamment lors de la saison “catastrophique” de 2005, où une partie du public et des critiques a ouvertement exprimé son mécontentement face à l’éloignement des traditions. Cependant, ce sont précisément ces choix risqués qui ont permis d’attirer la jeunesse — les statistiques montrent une augmentation de la part des étudiants parmi les spectateurs.
Olivier Py, devenant le premier metteur en scène à la tête du festival depuis Vilar, a apporté avec lui un focus sur l’engagement politique et la collaboration internationale. Son mandat est resté dans les mémoires non seulement pour les pièces, mais aussi pour une position civique active, notamment ses menaces de déplacer l’événement dans une autre ville en cas de victoire de l’extrême droite aux élections municipales. Ces dernières années, la direction est passée à Tiago Rodrigues, qui poursuit la tradition d’internationalisation en invitant chaque année une “langue hôte” et en élargissant les horizons.
Voici une liste des figures et événements clés de l’histoire récente :
- Le duo Hortense Archambault et Vincent Baudriller (2004–2013), qui ont introduit la pratique des “artistes associés”.
- Olivier Py (2013–2022), qui a ramené le discours politique et ouvert des espaces de débat.
- Tiago Rodrigues (depuis 2023), metteur en scène portugais ayant introduit le concept de “langue invitée”.
- Le décalage des dates en 2024 en raison des Jeux Olympiques de Paris.
Ce mouvement constant vers l’avant, malgré les critiques et les difficultés financières, prouve que le Festival d’Avignon reste un organisme vivant. Il ne craint ni les erreurs ni les scandales, car c’est dans les discussions que naît la vérité du théâtre contemporain. La capacité à s’adapter à la pandémie de Covid-19, en organisant des “Semaines d’art”, ne fait que confirmer la résilience de cette institution face aux crises globales.